Importée en France il y a dix ans de Belgique et de Hollande, la danse Tecktonik s’est imposée en tant que mode de vie chez les 12-25 ans. Ce mouvement connait aujourd’hui une ampleur à la hauteur de ce que fut hier la mode disco. Mouvement free-style sur des sons électro- hip hop, la Tecktonik est sortie des night-clubs pour investir la place publique et connait depuis peu une ascension fulgurante grâce notamment à Internet.
Importée par des clubbers belges et hollandais dans les boites parisiennes il y a dix ans, la Tecktonik a fait ses premiers pas plus particulièrement dans l’une d’entre d’elle, le Metropolis tenus par Cyril Blanc et Alexandre Barouzdin. Ces derniers, au traves de leurs soirées, se sont appropriés ce courant jusqu'à en faire une marque déposée. « Notre ambition, explique Cyril Blanc, était de créer un nouveau type de soirées, en mélangeant des sons électro du Nord (le Jumpstyle de Belgique, le Hardstyle de Hollande), à d'autres, l'électro minimale, la Tekhouse. Des clubbers des pays limitrophes venaient. Les Français ont commencé à les imiter. Peu à peu, la danse Tecktonik est née ».
Peu à peu, cette danse est sortie des nuits parisiennes pour investir l’espace populaire et se propager chez les jeunes âgés de 12 à 25 ans. Aujourd’hui, ce courant est le leur. Avec ces codes, ses signaux de reconnaissance, d’appartenance. Aujourd’hui, on est de la Tecktonik ou on n’en est pas. Et l’on se définit au travers de ses tenues, de sa musique, de son look fashion et punk : pantalons serrés ou slim taille basse, T-shirts moulants, vestes, ceintures à damier ou à clous, bracelets en caoutchouc, vestes, grandes chaussettes, baskets à carreaux qu'on n'avait pas vus depuis longtemps et du rayé noir-blanc qui flashe en soirée. Et, pour compléter la panoplie, une bonne dose de fluo et un max de gel pour faire tenir une crête sur la tête. C’est la Tecktonik attitude.
Aujourd’hui, la Tecktonik est dans la rue, les cours de récré et s’introduit jusqu’au domicile : « Je danse partout : chez moi, à l'école, à Paris mais pas en banlieue, où j'habite : les plus âgés, encore adeptes du hip-hop, n'aimeraient pas ! », raconte Nelson 14 ans. Mais que fait Nelson et les autres pour danser la Tecktonik : « La Tecktonik ? C'est bouger ses bras et ses jambes comme un ouf » explique Emilie, jolie brunette de 16 ans. « Mais les gestes sont travaillés mine de rien : il y a des déhanchés, des gestes enroulés... C'est stylé quand même », renchérit Assia. « Ouais, grosso modo, il faut faire des gestes de tous les jours comme se coiffer mais en beaucoup plus rapide, et puis tu penses aussi à bouger de temps en temps les jambes, et voilà tu danses la Tecktonik ! », intervient dans un éclat de rire, Moussa, grand gaillard de 18 ans.
Bien que free-style, la danse Tecktonik, au doux surnom de danse de singes, se partage aussi en bandes dans lesquelles se regroupent des équipes -teams- qui s’affrontent dans des concours de danse spontanés, les « battles » où les participant se frottent de préférence à un seul adversaire, en véritable « Tecktonik Killer ». D’ailleurs, le terme Tecktonik signifie « tuer la plaque », en référence aux plaques tectoniques, et c’est ce que font les Tecktonik Dancer, ils tuent le sol en le martelant de leurs coups de pieds.
Les vidéos Tecktonik ont envahi le Web et ont participé de l’engouement général. Des artistes comme Jey-Jey, 19 ans, a vu sa vidéo tournée dans son garage visionnée près de 6 millions de fois. Après les gothiques, les heavy-métal, les rappeurs, une nouvelle tribu serait t-elle en train de s’imposer ? A-t-on affaire ici à un effet mode ou au contraire à une lame de fond ? Mais après tout, qu’importe. Une dance meurt, une autre renaît, des mêmes cendres, et tant qu’il y aura des jeunes et du sol à tuer pour leurs pieds, il y aura toujours de la dance… Tecktonik ou autre.
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Envoyé par elo le 06/04/2008 - 11:33 :
tro kool