Les 27 pays membres de l’Union Européenne, réunis jeudi 13 mars à Bruxelles, ont accepté le projet de Nicolas Sarkozy de créer une Union pour la Méditerranée après que la présidence française ait revu à la baisse ses ambitions. Cette Union prévoit de faire coopérer ensemble l’Union Européenne et les gouvernements du sud de la Méditerranée, dont Israël et l’Autorité palestinienne. Reste à définir un contenu concret à ce projet et à donner à chacun des gages de contrôle.
Lancé en 1995 sous l’appellation « processus de Barcelone », l’idée d’une coopération entre Union Européenne et sud de la Méditerranée avait été reprise par Nicolas Sarkozy, qui en a fait un thème diplomatique majeur de son quinquennat. Le président français l’avait baptisé « Union Méditerranéenne ». Mais ce à quoi ont adhéré hier, jeudi 13 mars, les 27 de l’UE n’est pas à une « Union Méditerranéenne » mais à une « Union pour la Méditerranée » (UPM) – et non UMP… Cette différence sémantique reflète les craintes de l’UE de se voir dissocier d’un projet qui initialement n’était que méditerranéen. Et voir se créer une entité détacher de Bruxelles. L’Allemagne la première avait demandé à Sarkozy de revoir sa copie, qui dans sa première mouture n’incluait pas les pays européens non riverains de la Méditerranée. « Ce qui est important, c'est que c'est un projet européen », a souligné le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer. « Nous ne ferons pas un barbecue pour quelques Etats membres seulement. » Le périmètre de l’UPM était initialement circoncis aux seuls états riverains, vingt-deux plus le Portugal, la Mauritanie et la Jordanie.
Aujourd’hui, se sont 39 pays qui vont travailler ensemble : les 27 de l'UE et 12 gouvernements du sud de la Méditerranée (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Israël, Autorité palestinienne, Jordanie, Turquie, Liban et Syrie). « C'est un compromis, c'est incontestable, c'est difficile de faire l'Europe sans compromis, mais je ne pense pas qu'on puisse dire qu'on a renoncé à l'ambition du projet », a estimé Nicolas Sarkozy. « Je pense que le projet initial n'est pas éloigné du projet actuel ». Il a reconnu que le « malentendu » pouvait venir de « la crainte de certains partenaires qu'on crée une Union méditerranéenne concurrente de l'Union européenne ». Mais « ça n'a jamais été dans mon esprit », a-t-il assuré. « Je n'ai jamais vu l'Union de la Méditerranée comme un substitut de l'Union européenne ou comme un concurrent de l'Union européenne ». Le président français a également assuré n'avoir « jamais porté l'idée d'exclure un quelconque pays d'Europe de ce projet. »
Mais si le chef de l’état français explique que cette nouvelle « UPM » vise à corriger les défauts du processus de Barcelone qui « ne portait pas sur des projets précis », ceux d’aujourd’hui restent toujours aussi flous, ne dégageant que des axes environnementaux - dépollution de la Méditerranée, création d'un espace de sécurité, d'une politique énergétique et des échanges d'étudiants - se gardant bien d’empiéter sur le champs politique. Le premier ministre slovène, Janez Jansa, dont le pays préside actuellement l'UE n’est pas dupe des ambitions politiques de l’ « Union pour la Méditerranée » : « Les nouvelles idées que contient le projet ne visent pas à trouver une solution aux problèmes du Proche-Orient ou aux problèmes entre Israéliens et Palestiniens. Il y a d'autres instruments » pour cela, a-t-il dit. Mais déjà, des dissensions bien politiques pointent leur nez de l’autre côté de la Méditerranée, notamment sur la question de la coprésidence de L'UPM. Celle-ci sera coprésidée pour deux ans par un tandem composé d'un pays de l'Union européenne et d'un pays du sud de la Méditerranée et Israël faisant partie du processus de Barcelone depuis le début, les pays arabes n'acceptent pas l'idée que l'Etat hébreu puisse les représenter.
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