Le Salon du Livre de Paris ouvrira ses portes le 14 mars et sera inauguré la veille par Nicolas Sarkozy et son homologue israélien Shimon Pérès. Car l'invité d'honneur cette année est Israël. Non l'état en tant que tel mais sa culture littéraire, comme l'a souligné le Syndicat National de l'Edition (SNE), organisateur du Salon. Mais cette invitation "spécieuse", à l'occasion du 60e anniversaire de la création de l'état d'Israël n'est pas du goût de tous. En particulier des pays arabes. Depuis deux semaines, les appels aux boycotts se multiplient. Et le Liban, l'une des pierres angulaires de la francophonie dans le monde arabe, est le premier a officialiser sa non-participation à la plus importante fête littéraire francophone. "Le Liban ne participera pas cette année pour protester contre la décision des organisateurs de cet événement culturel de prendre Israël comme invité d'honneur", a fait savoir le ministre de la Culture Tarek Mitri dans un communiqué. A l'été 2006, 34 jours de guerre entre Israël et la guérilla libanaise du Hezbollah avaient fait plus de 1.000 morts côté libanais, des civils pour la plupart.
L'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), dans laquelle coopèrent 50 états, appelle ses pays membres à ne pas participer au Salon. ."Les crimes contre l'humanité perpétrés par Israël dans les territoires palestiniens le condamnent avec force (...) et le rendent indigne d'être l'invité d'honneur d'un salon international du livre organisé par une instance gouvernementale française à Paris", déclare t-elle dans un communiqué. l'Union des écrivains palestiniens a appelé également au boycott du Salon. Son président, Taha al-Moutawakel, a déclaré à l'Afp qu' "il n'était pas digne de la France, le pays de la Révolution et des droits de l'homme d'accueillir dans son Salon du livre un pays d'occupation raciste". De son côté, l'Union des écrivains égyptiens trouve le choix d'Israël "inacceptable". Des éditeurs marocains et algériens indépendants se sont eux aussi désistés.
Les opposants à cette initiative, y compris dans le camp israélien, dénoncent une politisation d'une instance culturelle sur fond d'un des conflits les plus sensibles au monde.
Le ministère français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a qualifié d'« extrêmement regrettable » ce mouvement de boycottage. Et celui-ci intervient après les mêmes appels au boycott lancés à l'encontre de la Foire au Livre de Turin en Italie (du 8 au 12 mai), dont Israël est également l'invité d'honneur
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