Après « Camping » sort ce mercredi 2 avril dans 850 salles, le nouveau film de Fabien Onteniente, « Disco ». Avec, outre une pléiade de stars et de guests, Franck Dubosc dans le rôle principal. Co-scénariste de l’aventure, l’humoriste revendique une nouvelle fois la caricature de la beauf attitude, mais là où dans « Camping », celle-ci savait ajuster une certaine retenue, cette fois, cette attitude envenime cette comédie à paillettes d’un venin devenu malsain.
« Comédie sociale ». Telle est la définition que donne Franck Dubosc du film « Disco » dont il est le co-scénariste. Là où pour « Bienvenus chez les Ch’tis », un Dany Boon parlait de « comédie humaine ». Là différence ? Un traitement de ton. L’humanisme d’un Ch’tis n’est pas l’égal d’un « social » à la sauce Dubosc. Les glissements de genre ressemblent parfois à un glissement de terrain. Et c’est ce qui se passe avec « Disco ». Ça glisse. Sur une pente savonneuse. Dangereuse. Déjà annoncée avec « Camping », du même tandem, Fabien Onteniente et Franck Dubosc. D’ailleurs, c’est sur le tournage de ce long-métrage aux 5 millions d’entrées que l’idée de recréer la jeunesse disco de l’humoriste a germé dans la tête de ce dernier. Et le comique d’assimiler les personnages de Patrick Chirac (Camping) et celui de Didier Travolta (Disco) à des « cousins ». « C’est un peu le François Pignon de Fabien Onteniente. Didier Travolta est plus lunaire, plus sentimental. C’est un adulte habillé comme un ado qui pense comme un enfant ».
Mais si Didier Chirac parvenait de justesse à jongler entre moquerie et humour, entre satire (sociale) et vulgarité, le personnage de Didier Travolta ne véhicule plus, lui, que raillerie et moquerie. Gratuite. Disco ? Une comédie anti-sociale. Au sens négatif du terme, c'est-à-dire « anti-humain », « anti-gens ». Indigent ?... Ce qui pouvait se cacher de fond dans « Camping » disparaît totalement de « Disco », ne restant plus que les paillettes. Est-là la seule mesure de la mode disco ? « Le disco, c’est les prolos », résume Franck Dubosc. Lui qui vient d’un quartier populaire et de ses HLM. Lui qui s’est identifié, jeune, au Didier Moreno de « La fièvre du samedi soir ». Mais lorsqu’on dit « prolos », on n’est pas loin de dire « classes » et « lutte ». Pourtant, le mouvement disco en tant que mouvement populaire, en était un de fédérateur. Sans cassure ni séparation. Sans distinction. Sans fracture. Et c’est là que le bat blesse avec « Disco » qui tend à fracturer, à distinguer, à séparer le rapport à ce mouvement et par conséquent le rapport aux gens. « Disco » est une comédie fracture. Qui ne joue pas mais se joue de l’antagonisme social. Où ses ressorts comiques s’appuient sur du rejet social, donc populaire. Un comble pour un film qui s’en revendique, populaire. Mais de populaire à populiste, il n’y a qu’un pas que film après film, Fabien Onteniente franchit.
Regardez la bande annonce sur Livefun.fr : http://www.livefun.fr/videos/disco-avec-franck-dubosc-trailer.html
« Disco », film français de Fabien Onteniente, avec Franck Dubosc, Samuel Le Bihan, Emmanuelle Béart, Gérard Depardieu, Isabelle Nanty, Annie Cordy, Francis Lalanne, Danièle Gilbert… Durée : 1h43. Sortie : 2 avril 2008
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