Avec plus d’un million de consommateurs réguliers, dont 55O.000 quotidiens, le cannabis est aujourd’hui la drogue la plus usitée en France. C’est devenu un produit de consommation courante. Notamment chez les jeunes où ce produit s’est largement banalisé. A 17 ans, un garçon sur six et une fille sur quinze sont des fumeurs réguliers de cannabis. Et 30% des 15-64 ans ont déjà expérimenté son usage alors que près de 9% des Français avouent avoir fumé au moins un joint dans l’année écoulée.
Comme tout produit de consommation, courante ou pas, celui-ci a ses fournisseurs. Les dealers. En français, les revendeurs. Avec leur économie et leur trafic souterrains. C’est à cet économie parallèle, digne de petits parrains, que s’est intéressé l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, l’OFDT (www.ofdt.fr) qui en a étudié les rouages et estimés les coûts et les gains transitant dans les poches des dealers, du semi-grossiste au petit revendeur.
Selon son étude redue publique aujourd’hui, le « chiffre d’affaires » annuel d’un semi-grossiste est évalué entre 250.000 et 550.000 euros. Somme équivalente à un salaire moyen d’un patron d’une entreprise de 2000 salariés. Et le double du salaire d’un président de la république tel que Nicolas Sarkozy ! Dans ce cas, ils seraient un millier. Ensuite, viennent les intermédiaires, les moyens, qui eux atteignent entre 35.000 et 77.000 euros de revenus annuels. Leur nombre est estimé entre 6000 et 13.000. Au plus bas de l’échelle se trouvent les petits revendeurs de rues qui eux n’atteignent pas le smic avec des revenus annuels compris entre 4500 et 10.000 euros. De loin les plus nombreux, ils sont entre 78.000 et 127.000. Pour eux, « le commerce de cannabis n’est que peu profitable » analyse l’étude. « Il rapporte beaucoup moins qu’un honnête travail ». Car cela ne distribuent que 1 à 3 kilos de cannabis par an alors que selon le rapport pour que ce commerce soit rentable, il faut en écouler 10 kilos par an. Les semi-grossistes atteignent eux entre 132 et 308 kilos de résine écoulée par an.
Le volume du marché représente 208 tonnes pour 832 millions d’euros de « chiffres d’affaires » annuels. Nicolas Sarkozy, suite aux évènements de Villiers-le-Bel, déclare que « l’économie souterraine est devenue une menace pour nos sociétés ». Le chef de l’État appelle à « lutter contre toutes les formes de criminalité organisée et notamment le trafic de drogue qui fait des ravages dans un certain nombre de quartiers ». Jeudi, il réclamait le renforcement de la répression destinée à « frapper les trafiquants au portefeuille ». En ce sens, le garde des Sceaux, Rachida Dati, va présenter de nouveaux dispositifs pour faciliter la confiscation des profits des dealers.
Le rapport de l'OFDT :
http://www.liberation.fr/actualite/societe/_files/file_295461_63903.pdf
Copyright © 2004-2008 Tigersun - Tous droits réservés 0.0421s