Radiohead: Quand l'industrie du disque ne donne plus le la.

Après la récente initiative de Radiohead de proposer son dernier album « In Rainbows » directement sur Internet sans fixer de prix et face à la baisse conséquente de la vente de CD allié au piratage, le débat est plus que jamais relancé sur le devenir des relations entres artistes et maisons de disques. L’intermédiaire que représentente les majors peut-il être, à défaut d’être supprimé, contourné ?

Quand Radiohead fait la manche, ça rapporte. Gros. 11 millions de dollars. C’est à ce jour la somme qu’a engrangé le groupe d’Oxford en laissant ses fans décider de la somme à débourser pour télécharger leur dernier album « In Rainbows » directement sur leur site « inrainbows.com ». Résultat : plus d’un million de téléchargement. « Pour le prix, c’est comme vous voulez » indique le site. Et ce qu’on voulu les internautes, c’est de verser en moyenne 5€. Grâce à ce mode de distribution direct, Radiohead a récupéré 95% de la mise, là où il n’aurait récolté que 1 ou 2 euros par CD vendu.

A l’ère numérique, les artistes s’organisent face à l’immobilisme des majors du disque. Ils sont de plus en plus nombreux à développer des solutions alternatives. Tel Madonna qui a quitté la Warner pour signer un contrat tout en un avec un promoteur de spectacles en déclarant : «le modèle de l'industrie musicale a changé et en tant qu'artiste et femme d'affaires, je dois accompagner ce changement». Tel Prince qui a distribué gratuitement son dernier album avec un journal anglais ; ce même Prince qui à l’époque avait inscrit sur son front le mot « slave » (esclave) dénommant ainsi son rapport avec sa maison de disque. Oasis, Jamiroquai, Paul McCartney ou encore le rappeur Saul williams s’apprêtent eux aussi à s’affranchir de l’intermédiaire major.

« L’industrie du disque va mal, ce n’est pas un scoop » juge David Hallyday. En quatre ans, les ventes de CD ont diminué de 37%. En France, cette semaine fut la pire de l’année. «On travaille dans un secteur sinistré » regrette cette employée de la Warner. Même son de cloche chez Virgin Records après la succession des plans sociaux. Parlant de Radiohead, un responsable d’un label européen s’inquiète ainsi : « Si un des plus grands groupes du monde ne veut plus de nous, quelle place nous reste-t-il dans l’industrie musicale ? ».

Dépendante depuis trop longtemps du nombre de CD vendu, cette industrie s’est mise la tête dans le sable. Les actions simultanées d’artistes d’envergures internationales vont l’obliger à réagir avec énergie et créativité. Car si pour Radiohead « l’essentiel est que notre musique soit écoutée, même illégalement » tous les artistes n’ont pas 9 millions d’albums vendus à leur actif et le soutien d’une maison de disque peut alors s’avérer primordial. « C’est un kif d’être dans une major !» s’enchante Koxie.

Mais à l’heure d’Internet, ce « kif » se voit inexorablement poussé à de profondes mutations.

Par La Rédaction Livenet, le 01/11/2007 10:38
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