A l’occasion aujourd’hui 20 novembre de la Journée internationale des droits de l’enfant, la défenseure de leurs droits en France, Dominique Versini, remet à Nicolas Sarkozy après un an d’enquête, un rapport sur la souffrance des adolescents.
Baptiste, 18 ans. Adolescent dit « perturbé », « incasable », « associable ». De ceux que la société se renvoie d’institutions en institutions : famille d’accueil, centres sociaux, centres éducatifs renforcés. Et c’est l’un de ces centres-là qui le met dehors le jour de ses 18 ans. Sans un sous. A la rue. Il agresse alors un pharmacien, lui vole sa caisse et des tranquillisants. Il en avale 18 –un pour chaque année ?- avec du whisky et finit par mourir au pied d’un hôpital. « Demandez-moi pardon », sont les derniers mots de Baptiste écrits sur sa main gauche.
Des Baptiste, il y en a 600 chaque année contre 40.000 qui tentent de se suicider. Lequel suicide, même s’il est en baisse, est la deuxième cause de mortalité chez les 15-25 ans. La première étant l’alcool au volant.
Selon le rapport de la défenseure des droits de l’enfant, Dominique Versini, remis aujourd’hui même à Nicolas Sarkozy, 900.000 adolescents sont considérés en grande souffrance. Soit 15% des 11-18 ans. Ces souffrances s’expriment, outre le suicide, par des troubles aux degrés divers : trouble du sommeil, anxiété, prises de psychotropes qu’il soit médicaments, alcool, cannabis –l’addiction alcool, tabac, cannabis, a doublé en dix ans-, scarification, montée de la pornographie et de la violence sous toutes ces formes… Et ces problèmes touchent les jeunes de plus en plus tôt, dès le collège.
Malgré ces signes alarmants, l’adolescent demeure un grand oublié des politiques publiques. Après un an d’enquête, le rapport de Dominique Versini ne propose que des solutions médicales, s’attaquant ainsi plus aux conséquences qu’à la cause de cette détresse (elle a passé sept ans à la tête du SAMU social) : création de maisons pour adolescents dans chaque département, lancement d’équipes mobiles pour « aller à la pêche aux enfants », rendre gratuit depuis les mobiles le Fil Santé Jeunes, renforcement du dispositif psychiatrique…
« Bienvenue dans l’âge ingrat » disait le titre d’un film. Si, par excellence, l’adolescence est un passage ingrat alors qu’elle est la part de gratitude que les non adolescents peuvent, doivent apporter à ces enfants ?
Les 25 recommandations de ce rapport en forme d’état des lieux ne sonnerai-t-il pas plutôt comme un état d’échec ?
Fil Santé Jeunes : ![]()

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